Sur l’aliénation dans l’enseignement de la médecine

Médecine globale et humanités médicales critiques : enseigner l’histoire et l’anthropologie de la santé aux étudiant.e.s en médecine

(paper with Frédéric Vagneron)

“Was ist Verfremdung?
Einen Vorgang oder einen Charakter verfremden heißt zunächst einfach,
dem Vorgang oder dem Charakter das Selbstverständliche, Bekannte, Einleuchtende zu nehmen und über ihn Staunen und Bewunderung zu erzeugen.”
(Bertolt Brecht, Neue Technik der Schauspielkunst, in: Schriften zum Theater 3, S.101)

 

Notre communication a présenté notre expérience issue de quatre années d’enseignement de l’histoire de la médecine et de l’anthropologie de la santé à la faculté de médecine de Zürich (UZH) à travers un module intitulé : «Santé globale. Histoires, Acteurs, Institutions ».

L’objectif du module est de sensibiliser les étudiant.e.s en médecine aux déterminants historiques et géographiques de la médecine contemporaine, c’est-à-dire de rendre étrange l’ici et maintenant. La santé au niveau global est présentée comme un champ traversé de tensions entre politiques intérieures et étrangères, intérêts économiques et philanthropiques, savoirs fondamentaux et appliqués, ou encore mobilité internationales accrues et migrations. Cette approche permet de penser le sens et les conditions de possibilités des interventions médicales, de la médecine humanitaire en passant par la gestion de l’épidémie de VIH-SIDA ou l’accès au médicament.

Colloque national des sciences humaines et Sociales en Médecine et santé (CoSHSEm) 2017 à Strasbourg.

The Emergence and Dissolution of (Medical) Knowledge. Uncertainty and Openness

 

Drawing by Spanish histologist Santiago Ramón y Cajal (1896) Source: Open Knowledge Commons and Harvard Medical School

Knowledge is not fixed, but instable, uncertain and evolving. In his recent book Plastic Reason (2016), Tobias Rees anthropologically investigates brain research in 21st-century Paris and the ‘plasticity’ of knowledge. Based on several years of fieldwork with neuronal researchers, he argues that knowledge – like the experimental systems of the natural sciences – is ‘contingent on unarticulated conceptual presuppositions’ that differ from place to place. Scientific thinking and knowledge production is, therefore, a very regional and relational, but also instable and inherently uncertain affair. For Rees, this inherent uncertainty and relationality – which he sees as a form of radical openness – is a central aspect of what (laboratory) researchers do when they produce knowledge. He thereby shows that uncertainty is necessary for new knowledge and thinking to emerge, as it ‘derail(s) yet another setup, [opens] yet another, unforeseen horizon’.

Whereas Rees takes brain science as an empirical example, his insights have a much wider relevance for understanding how knowledge emerges, evolves and dissolves again, so the working hypothesis behind this workshop. On the occasion of Tobias Rees’ sojourn as a ZGW academic guest, this event is designed to capitalize on his expertise and joins junior and senior researchers in the fields of history, anthropology, and philosophy to think jointly about the relevance of his conclusions for knowledge production in medical science. Presenters address how the uncertainty, instability and ambivalences of knowledge that Rees identifies in Plastic Reason play out in their own fields of research, by sharing insights from fields ranging from brain science, stem cell research, mental illness, IVF, and surrogacy.

Thanks to Vanessa Rampton for a wonderfully smooth and inspiring collaboration !

Program_Med Knowledge

The Emergence and Dissolution of (Medical) Knowledge. Uncertainty and Openness

L’hôpital. Vers une nouvelle anthropologie des mondes cliniques

Numéro spécial d’Anthropologie et Santé – à paraître en mai 2018
https://anthropologiesante.revues.org/2156#tocfrom1n1

12 de octubre


Hospital 12 de octubre, Madrid

 

Coordinatrices

Fanny Chabrol (Cermes3, Paris/Villejuif, France ) et Janina Kehr (Centre for Medical Humanities, University of Zürich, Suisse)

Calendrier

Les propositions de contribution comprendront un titre et un résumé de 400 mots maximum. Elles devront être envoyées dans un premier temps aux coordinatrices du numéro, avant le 15 septembre 2016.

Les articles sélectionnés par les coordinatrices à l’issue de cette étape devront leur être adressés avant le 15 février 2017. Ils seront alors transmis à la rédaction d’Anthropologie & Santé et évalués individuellement (double évaluation externe et anonyme). Une prépublication des articles aura ensuite lieu au fur et à mesure de leur finalisation, et le numéro thématique paraîtra dans son entier en mai 2018.

Coordonnées : Fanny Chabrol, fannychabrol@yahoo.fr ; Janina Kehr,janina.meillan-kehr@uzh.ch

Argumentaire

La récente épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest a constitué un moment paroxystique dans la visibilité mondiale de l’effondrement des hôpitaux en Afrique. Abandonnés par les soignants au plus fort de la crise, certains hôpitaux comme le Redemption Hospital de Monrovia ont fermé. Des corps sans vie ont été oubliés devant des portes closes pendant que la prise en charge s’opérait dans les centres de traitement de Médecins Sans Frontières. À Paris, à la suite des attaques terroristes du 13 novembre 2015, les hôpitaux publics ont été célébrés pour leur réponse extraordinaire déployant dans la nuit une véritable “médecine de guerre”, une “mobilisation exemplaire” grâce au courage des soignants et l’efficacité du plan blanc. Le caractère exceptionnel de ces événements suscite la sidération et la peur, mais aussi la célébration d’une image victorieuse de la biomédecine hospitalière occidentale — capable de technicité, d’efficacité et de solidarité tandis que cette même médecine hospitalière montre son impuissance et sa dangerosité en Afrique de l’Ouest.

Au-delà de ces exemples extrêmes, le fonctionnement quotidien des hôpitaux face à des crises et changements majeurs – économiques aussi bien que sanitaires – fait l’objet de fortes critiques, en Afrique comme en Europe. En Afrique subsaharienne, les hôpitaux publics subissent de longue date un ensemble de contraintes matérielles, financières et morales considérables, résultant en des soins coûteux et de piètre qualité. En Europe, les politiques d’austérité récentes s’ajoutent au « New Public Management » et transforment la pratique médicale dans les espaces cliniques. En somme, comme piliers des systèmes de santé contemporains, les hôpitaux sont contestés pour l’imperfection de leurs capacités de soin et sont soumis à des évaluations permanentes en même temps qu’ils sont héroïsés comme symboles phares du progrès médical et de la prolongation des vies. Ainsi, de Yaoundé à Boston et de Madrid à Delhi, les hôpitaux incarnent des tensions entre excès – de modernité, de médicaments, de technologies diagnostiques, de mesure – et rareté – soulignée par l’austérité, l’audit, et le contrôle. Ces tensions et nouveaux défis appellent à revisiter l’institution hospitalière dans le monde, comme objet anthropologique et comme site emblématique à travers lequel se cristallisent les enjeux liés à l’économie politique et morale de la santé publique contemporaine.

L’hôpital est aujourd’hui un objet de recherche foisonnant en anthropologie. Ainsi, depuis 2004, plusieurs numéros spéciaux sur les hôpitaux ont été publiés participant à la construction du champ de « l’ethnographie hospitalière » et de l’hôpital comme terrain anthropologique. Les hôpitaux sont devenus des sites phares pour observer la biomédecine car ils reflètent et renforcent les processus sociaux et culturels d’une société donnée (van der Geest & Finkler, 2004; Fortin, 2013). Qu’il s’agisse de distinguer les formes de prise en charge à partir de l’éthique en pratique (Fassin, 2008) ou de montrer comment la médecine improvise (Livingston, 2012), l’ethnographie hospitalière permet de relier les pratiques de soin à une histoire politique et morale plus vaste, et de concevoir l’hôpital comme une hétérotopie, oscillant entre ordre et désordre (Street & Coleman, 2012), stabilité et instabilité, simultanément réelle, imaginée et affective. Les hôpitaux sont aussi des lieux de mémoire, éveillant la nostalgie d’un temps où l’on y était soigné; des lieux de médecine et de science, emblématiques des traces laissées par les attentes passées (Geissler 2013; Lachenal, 2013). L’apport de la sociologie des sciences et des techniques a enrichi l’étude de l’hôpital comme espace technique dans lequel les frontières du normal et du pathologique, du stérile et du non-stérile s’évanouissent (Keating & Cambrosio, 2003). En somme, l’hôpital est, non pas seulement un terrain ethnographique, mais un véritable objet anthropologique du monde contemporain, dont la complexité technologique, politique, économique et morale, tout comme ses multiples formes historiques et affectives demandent à être approfondies par une nouvelle lecture anthropologique.

Nous concevons l’hôpital comme un lieu qui condense des technologies, des pouvoirs et des affects. Au-delà d’un lieu médical professionnalisé, l’hôpital est un lieu de vie qui réunit l’expérience individuelle et collective, les aspirations sociales et politiques ainsi que les rationalités économiques. C’est un terrain d’expérimentation scientifique et économique, un lieu d’expérience et d’expertise, et un espace de lutte politique.

Ce numéro spécial d’Anthropologie & Santé invite des contributions qui abordent de manière ethnographique des hôpitaux sous l’angle des enjeux politiques, économiques, moraux et scientifiques contemporains qui s’y manifestent, s’enchevêtrent et se contredisent.Dans une perspective résolument globale, au-delà des frontières géographiques entre Sud et Nord, Est et Ouest, nous invitons des contributions qui problématisent l’hôpital comme lieu de rencontre des flux globaux de savoirs, d’investissements financiers, de techniques, de professionnels et de matériaux, qui se concrétisent et sont échangés en fonction des pays, des États et de leurs histoires politiques. Les problématiques d’économie politique – dans leur matérialité, leurs infrastructures – comme les expériences affectives et morales – abandon, attachement – qui se déploient à l’hôpital seront particulièrement bienvenues. Nous encourageons des contributions à la fois ethnographiques et théoriques qui analysent les phénomènes d’austérité, d’économisation et de privatisation des hôpitaux dans une économie néolibérale, conjointement avec les expériences, les affects et les engagements d’hommes et de femmes qui voient leurs vies imbriquées avec l’institution hospitalière aujourd’hui. Nous invitons les auteur-e-s à fonder leurs réflexions sur leur propre matériau ethnographique, la priorité étant donnée aux contributions reposant sur des enquêtes de terrain de première main.

Für eine Debatte zum Postmigrantischen

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Pier Mondrian: Broadway Boogie-Woogie, 1943; Quelle: piet-Mondrian.org

Kulturalistische Klischees und Verallgemeinerungen von „uns“ und den „Anderen“ blockieren klares Denken und verhindern gute Analysen. Das gilt nicht nur beim Sprechen über „die Fremden“, sondern auch, wenn wir uns auf unsere eigene Gesellschaft beziehen. Daher braucht es offene Debatten. Auch zum Konzept des Postmigrantischen. Denn sind wir je postmigrantisch gewesen? Mehr dazu in meinem Artikel auf der Plattform “Geschichte der Gegenwart”.

geschichtedergegenwart.ch/sind-wir-je-postmigrantisch-gewesen

Everyday Crises – Flight, Medicine and Migration

Erstaufnahmeeinrichtung für Geflüchtete Leipzig Dölitz | 07.08. 2015 Credits: Caruso Pinguin https://www.flickr.com/photos/110931166@N08/19755672574/in/album-72157656515350228/

Anlässlich der aktuellen politischen Situation in Deutschland, ein Denkeinstieg zum Thema “Flüchtlingskrise” und medizinische Versorgung. Zu lesen auf dem Blog Medizinethnologie. Krankheit, Gesundheit und Heilung in einer globalisierten Welt.

http://www.medizinethnologie.net/alltaegliche-krisen/