L’hôpital. Vers une nouvelle anthropologie des mondes cliniques

Numéro spécial d’Anthropologie et Santé – à paraître en mai 2018
https://anthropologiesante.revues.org/2156#tocfrom1n1

12 de octubre


Hospital 12 de octubre, Madrid

 

Coordinatrices

Fanny Chabrol (Cermes3, Paris/Villejuif, France ) et Janina Kehr (Centre for Medical Humanities, University of Zürich, Suisse)

Calendrier

Les propositions de contribution comprendront un titre et un résumé de 400 mots maximum. Elles devront être envoyées dans un premier temps aux coordinatrices du numéro, avant le 15 septembre 2016.

Les articles sélectionnés par les coordinatrices à l’issue de cette étape devront leur être adressés avant le 15 février 2017. Ils seront alors transmis à la rédaction d’Anthropologie & Santé et évalués individuellement (double évaluation externe et anonyme). Une prépublication des articles aura ensuite lieu au fur et à mesure de leur finalisation, et le numéro thématique paraîtra dans son entier en mai 2018.

Coordonnées : Fanny Chabrol, fannychabrol@yahoo.fr ; Janina Kehr,janina.meillan-kehr@uzh.ch

Argumentaire

La récente épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest a constitué un moment paroxystique dans la visibilité mondiale de l’effondrement des hôpitaux en Afrique. Abandonnés par les soignants au plus fort de la crise, certains hôpitaux comme le Redemption Hospital de Monrovia ont fermé. Des corps sans vie ont été oubliés devant des portes closes pendant que la prise en charge s’opérait dans les centres de traitement de Médecins Sans Frontières. À Paris, à la suite des attaques terroristes du 13 novembre 2015, les hôpitaux publics ont été célébrés pour leur réponse extraordinaire déployant dans la nuit une véritable “médecine de guerre”, une “mobilisation exemplaire” grâce au courage des soignants et l’efficacité du plan blanc. Le caractère exceptionnel de ces événements suscite la sidération et la peur, mais aussi la célébration d’une image victorieuse de la biomédecine hospitalière occidentale — capable de technicité, d’efficacité et de solidarité tandis que cette même médecine hospitalière montre son impuissance et sa dangerosité en Afrique de l’Ouest.

Au-delà de ces exemples extrêmes, le fonctionnement quotidien des hôpitaux face à des crises et changements majeurs – économiques aussi bien que sanitaires – fait l’objet de fortes critiques, en Afrique comme en Europe. En Afrique subsaharienne, les hôpitaux publics subissent de longue date un ensemble de contraintes matérielles, financières et morales considérables, résultant en des soins coûteux et de piètre qualité. En Europe, les politiques d’austérité récentes s’ajoutent au « New Public Management » et transforment la pratique médicale dans les espaces cliniques. En somme, comme piliers des systèmes de santé contemporains, les hôpitaux sont contestés pour l’imperfection de leurs capacités de soin et sont soumis à des évaluations permanentes en même temps qu’ils sont héroïsés comme symboles phares du progrès médical et de la prolongation des vies. Ainsi, de Yaoundé à Boston et de Madrid à Delhi, les hôpitaux incarnent des tensions entre excès – de modernité, de médicaments, de technologies diagnostiques, de mesure – et rareté – soulignée par l’austérité, l’audit, et le contrôle. Ces tensions et nouveaux défis appellent à revisiter l’institution hospitalière dans le monde, comme objet anthropologique et comme site emblématique à travers lequel se cristallisent les enjeux liés à l’économie politique et morale de la santé publique contemporaine.

L’hôpital est aujourd’hui un objet de recherche foisonnant en anthropologie. Ainsi, depuis 2004, plusieurs numéros spéciaux sur les hôpitaux ont été publiés participant à la construction du champ de « l’ethnographie hospitalière » et de l’hôpital comme terrain anthropologique. Les hôpitaux sont devenus des sites phares pour observer la biomédecine car ils reflètent et renforcent les processus sociaux et culturels d’une société donnée (van der Geest & Finkler, 2004; Fortin, 2013). Qu’il s’agisse de distinguer les formes de prise en charge à partir de l’éthique en pratique (Fassin, 2008) ou de montrer comment la médecine improvise (Livingston, 2012), l’ethnographie hospitalière permet de relier les pratiques de soin à une histoire politique et morale plus vaste, et de concevoir l’hôpital comme une hétérotopie, oscillant entre ordre et désordre (Street & Coleman, 2012), stabilité et instabilité, simultanément réelle, imaginée et affective. Les hôpitaux sont aussi des lieux de mémoire, éveillant la nostalgie d’un temps où l’on y était soigné; des lieux de médecine et de science, emblématiques des traces laissées par les attentes passées (Geissler 2013; Lachenal, 2013). L’apport de la sociologie des sciences et des techniques a enrichi l’étude de l’hôpital comme espace technique dans lequel les frontières du normal et du pathologique, du stérile et du non-stérile s’évanouissent (Keating & Cambrosio, 2003). En somme, l’hôpital est, non pas seulement un terrain ethnographique, mais un véritable objet anthropologique du monde contemporain, dont la complexité technologique, politique, économique et morale, tout comme ses multiples formes historiques et affectives demandent à être approfondies par une nouvelle lecture anthropologique.

Nous concevons l’hôpital comme un lieu qui condense des technologies, des pouvoirs et des affects. Au-delà d’un lieu médical professionnalisé, l’hôpital est un lieu de vie qui réunit l’expérience individuelle et collective, les aspirations sociales et politiques ainsi que les rationalités économiques. C’est un terrain d’expérimentation scientifique et économique, un lieu d’expérience et d’expertise, et un espace de lutte politique.

Ce numéro spécial d’Anthropologie & Santé invite des contributions qui abordent de manière ethnographique des hôpitaux sous l’angle des enjeux politiques, économiques, moraux et scientifiques contemporains qui s’y manifestent, s’enchevêtrent et se contredisent.Dans une perspective résolument globale, au-delà des frontières géographiques entre Sud et Nord, Est et Ouest, nous invitons des contributions qui problématisent l’hôpital comme lieu de rencontre des flux globaux de savoirs, d’investissements financiers, de techniques, de professionnels et de matériaux, qui se concrétisent et sont échangés en fonction des pays, des États et de leurs histoires politiques. Les problématiques d’économie politique – dans leur matérialité, leurs infrastructures – comme les expériences affectives et morales – abandon, attachement – qui se déploient à l’hôpital seront particulièrement bienvenues. Nous encourageons des contributions à la fois ethnographiques et théoriques qui analysent les phénomènes d’austérité, d’économisation et de privatisation des hôpitaux dans une économie néolibérale, conjointement avec les expériences, les affects et les engagements d’hommes et de femmes qui voient leurs vies imbriquées avec l’institution hospitalière aujourd’hui. Nous invitons les auteur-e-s à fonder leurs réflexions sur leur propre matériau ethnographique, la priorité étant donnée aux contributions reposant sur des enquêtes de terrain de première main.

Für eine Debatte zum Postmigrantischen

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Pier Mondrian: Broadway Boogie-Woogie, 1943; Quelle: piet-Mondrian.org

Kulturalistische Klischees und Verallgemeinerungen von „uns“ und den „Anderen“ blockieren klares Denken und verhindern gute Analysen. Das gilt nicht nur beim Sprechen über „die Fremden“, sondern auch, wenn wir uns auf unsere eigene Gesellschaft beziehen. Daher braucht es offene Debatten. Auch zum Konzept des Postmigrantischen. Denn sind wir je postmigrantisch gewesen? Mehr dazu in meinem Artikel auf der Plattform “Geschichte der Gegenwart”.

geschichtedergegenwart.ch/sind-wir-je-postmigrantisch-gewesen

Everyday Crises – Flight, Medicine and Migration

Erstaufnahmeeinrichtung für Geflüchtete Leipzig Dölitz | 07.08. 2015 Credits: Caruso Pinguin https://www.flickr.com/photos/110931166@N08/19755672574/in/album-72157656515350228/

Anlässlich der aktuellen politischen Situation in Deutschland, ein Denkeinstieg zum Thema “Flüchtlingskrise” und medizinische Versorgung. Zu lesen auf dem Blog Medizinethnologie. Krankheit, Gesundheit und Heilung in einer globalisierten Welt.

http://www.medizinethnologie.net/alltaegliche-krisen/

Tuberculosis Events

"Erregende Importe"

LebensArt, Nr. 19 – 2004

Those who follow the media coverage of the current refugee and migration drama in Europe have probably come across the word “tuberculosis”. In Germany at least, where humanitarian camps are erected to give a most basic shelter to exhausted migrants, this old infectious disease gets again increasing attention. (http://www.tagesschau.de/inland/fluechtlinge-gesundheit-101.html) – (http://www.lvz.de/Mitteldeutschland/News/Fluechtlingsunterkunft-in-Dresden-erste-Krankheitsfaelle-im-Zeltlager)

Typically, tuberculosis is reported once a year only, on March 24, World TB Day. In such annual standard accounts, tuberculosis is usually depicted as a disease of poor patients in developing countries, and thus it is placed in a context of global health in the South. Today, global health is no more hundreds of miles away. Global health is in Europe. Humanitarian organizations in Germany intervene with similar means of disaster relief as in the Global South. The German State is dependend on their support. And yet there is a State and its infrastructures that can help secure medical care, for free, also for tuberculosis.

Fear of this infectious diseases is nothing new. Regularly, migrants are held responsible for it. But such a debate on “Risk and Blame”, fuelled by right wing politicians, as lately in Dresden, is simply inadequate, inappropriate. One question should rather be how it can be that tuberculosis only becomes a topic, an event to be heard when migrants are concerend, whereas this disease still exists and is treated on an everyday basis in Germany. Another point of concern should be the question of global health and how to reconceptualise it today. A great start to do so is Todd Meyers and Nancy Lee Hunts article on the other global South in the Lancet. Also have a look at questions of North/South boundaries in my article on Ebola in Spain.

Call for Paper : “Health Affects. Medical Belongings Across the Globe”

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I am glad to announce that Fanny Chabrol and I will be holding a panel on the MAGic2015 conference: “Anthropology and Global Health: interrogating theory, policy and practice” (Sussex, UK. September 9th-11th 2015).

The panel is entitled “Health Affects. Medical Belongings across the Globe” and is still open for submissions.

The submission Deadline is April 27. Please use the following link to propose a paper.

http://nomadit.co.uk/easa/magic2015/panels.php5?PanelID=3605

Convenors
Janina Kehr (University of Zurich)
Fanny Chabrol (Cermes3)

Short Abstract
In tracing moral attachments, emotional frustrations and collective mobilisations we wish to interrogate citizens’ affective attachments to a right to health and the political innovations it engenders.

Long Abstract
What does the Treatment Action Campaign in South Africa of the 1990’s has in common with recent strikes of health care workers in Spain? What links USA’s introduction of « Obamacare » with Brazil’s existing public health care system ? As different as these examples may seem, all exemplify what one could describe as a political desire for medical belonging or “health citizenship”. The panel « Health Affects. Medical Belongings across the Globe » wishes to take the analysis of health citizenships in a new direction, in focussing not only on the political or legal dimension of « a right to health » -inscribed in the Universal Declaration of Human Rights after WWII – but also on its affective one. How do moral and emotional claims have shaped and shape public health politics around the world ? Which « affect economies » (Adams 2012) emerge ? How are the « affective attachments » (Berlant 2011) to health care interiorised and materialised differently and unequally across the globe today? Which circulation of ideas, actors and objects between the North and the South, and the East and the West does a “right to health” enable or impede? In tracing the moral attachments, emotional frustrations and collective mobilisations of a right to health – this productive and precarious utopia – we wish to interrogate the history and present of citizens’ affective attachments to it and the political innovations it engenders.